Single Blog Title

This is a single blog caption

L’enfer de la tomate – 1/3

De toutes mes histoires de voyage, celle-ci c’est ma préférée à conter. L’enfer de la tomate c’est probablement la fois où j’ai eu le plus peur de mourir de toute ma vie.

2007, j’ai 20 ans, je quitte pour un voyage autour du monde avec mes deux bonnes amies, un sac à dos 65 litres plein à craquer et les économies d’une année de travail à Walt Disney World en poche.

J’ai aussi, bien malgré moi, paqueté bien de la naïveté (ça ne pesait pas très lourd dans mon 65 litres il faut croire).

Fast forward en Australie 4 mois plus tard, presque plus d’argent en poche, un visa de travail qui sent encore l’intérieur de char neuf tellement qu’il a à peine servi. « En Australie c’est facile de se trouver une job », qu’ils disaient « C’est le paradis de la job pour les backpackers », qu’ils disaient. Allô le reality check.

Donc, après 4 mois de dépenses sans rentrée d’argent, et après un coup de fil fatidique de mes parents qui m’annoncent que je dois 4 000$ à revenu Canada, je réalise à quel point je suis dans la merde.

Le plus gros hic ? Tous mes billets d’avion ont été soigneusement achetés en avance pour un voyage qui m’amènerait ensuite en Asie, en Europe, puis de retour au Québec. Il faut donc absolument que je me trouve un emploi pour les mois qu’il me reste en sol australien si je veux être en mesure de payer le reste de mon voyage.

Avec beaucoup de chance, je me déniche un emploi comme serveuse dans un restaurant 5 étoiles à Airlie Beach, petite station balnéaire sur la Gold Coast. Mes amies, qui sont elles aussi dans une situation financière précaire (Merci Gouvernement du Canada), partent vers la ville de Cairns dans l’espoir de trouver, à leur tour, un emploi.

Je me retrouve donc seule à Airlie. Quelques semaines s’écoulent et à mon grand désespoir, mon patron est incapable de me garantir assez d’heures pour que je puisse économiser. Je me rends à l’évidence: il faut que je bouge.

C’est à ce moment que je tombe sur une annonce, placardée sur le mur du hostel crados dans lequel je séjourne : une plantation de tomates cherche des « pickers » — des ramasseux de tomates — c’est extrêmement bien payé et je pourrais commencer dès le lendemain.

Coup de chance: le propriétaire de la plantation est justement en ville!  La plantation se situe à 1 heure de Airlie Beach, mais il pourrait me prendre sur le chemin si jamais je veux la job. Il ne m’en faut pas plus pour prendre ma décision.

Je donne ma démission le soir même, finis mon quart et rentre faire mon sac à dos. Le lendemain matin, comme promis, un camion vient me chercher et on file vers la plantation. C’est en chemin que je réalise : je ne sais pas vraiment où je vais, je n’ai averti ni mes amies, ni ma famille, je n’ai pas de cellulaire et je suis avec un parfait inconnu.

Ça ne peut que bien aller, right? (suite ici)

Laisser une réponse